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Cliché (c)  IRPA

En 1984, M. Awoust et le frère G. Thiry récupèrent sur les dires de André Baily "l'ancien Christ qui ornait la chapelle du Malpas" et qui se trouve accroché au porche d'entrée du cimetière de Malonne, au Tombois. Ce Christ que l'on croyait en plâtre deviendra à l’examen une des pièces les plus précieuses du patrimoine artistique malonnois.

Par déduction, on pense qu’il s’agit du Christ de l’ancienne église abbatiale, l’église romano-gothique dont il était question ci-dessus. Lors de la destruction de la nef, précédant la construction de la nef actuelle en 1653, ou de celle du chœur en 1722, ce Christ aurait été sauvegardé et placé dans une chapelle destinée aux fidèles et située au Malpas. Cette chapelle fut, au XIXème siècle, d’abord abandonnée puis transformée en école. Elle finit par être démolie vers 1850.
Le Christ, lui, fut conservé, sans doute chez des habitants des environs du Malpas ou bien – c’est une autre hypothèse – placé dans un enclos au pied du clocher de l’église paroissiale, dans l’ancien cimetière. On pense qu’il a émigré vers le nouveau cimetière lors de l’ouverture de celui-ci en 1868.

Fort de ce raisonnement, Maurice Awoust et Gilbert Thiry ont mis le Christ en lieu sûr et l’ont fait expertiser. Après une « restauration » malheureuse, le Christ fut exposé en la chapelle de l’Institut Saint-Berthuin du 20 au 28 septembre 1986.

En 1989, la fondation Roi Baudouin décide d’en financer la restauration. Celle-ci fut faite, ainsi que les examens scientifiques nécessaires, en 1992 à l’I.R.P.A. (Institut Royal du Patrimoine Artistique). La première « restauration », qui avait consisté en un malheureux décapage, avait fait hélas disparaître presque tous les surpeints (couches de couleurs successives d’un siècle à l’autre, qui ont d’ailleurs permis l’exceptionnelle conservation du bois), de même que la couche de peinture originale. La couche de fond, elle, est restée. Il restait cependant par endroits assez des différentes couches pour que les scientifiques aient une idée assez précise de l’aspect du Christ à l’origine et au cours des âges.

Ce Christ est un des derniers Christ de style gothique mosan encore bien conservés. Il a été sculpté sans doute par un artiste namurois entre 1330 et 1340.

Une fois restauré, il fut exposé à Namur du 27 mars au 6 juin 1993, en compagnie d’une cinquantaine de pièces, à lui contemporaines, provenant de Belgique, Hollande, France et Allemagne.
Il fut officiellement réinstallé dans son église (à l’entrée, aujourd’hui) le 18 décembre 1993.

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