Alexandre de Malonne est né à la fin du XIème siècle d'une famille de notables. Il a sans doute étudié à Malonne, à Gembloux ou à Liège. En 1129, il devient évêque de Plock,en Pologne. Il y déploiera une remarquable activité religieuse, politique et artistique. Il a notamment consacré la cathédrale de Plock, « la plus grande basilique romane du pays ». Décédé le 9 mars 1156, il est enterré dans sa cathédrale.

Gauthier(ou Walter) de Malonne. Peut-être le jeune frère d'Alexandre, né comme lui à la fin du XIème siècle . Il est possible qu'il soit arrivé à Plock en même temps que son frère. Il y est chanoine et prévôt du chapitre.

En 1147,en accord avec Henri de Leez, prince-évêque de Liège, il vient réformer l'abbaye de Malonne en y installant des chanoines réguliers de Saint Augustin.

L'année suivante, il est nommé évêque de Wroclaw(Breslau). Il y prend part à la réforme du clergé et de la liturgie (grégorienne).Comme son frère, il dotera sa ville d'une cathédrale : une crypte romane (découverte en 1950) et une église que son successeur achèvera. Il développe les ordres religieux, l'instruction, et promeut la colonisation wallonne en Silésie. Décédé en 1169, il est enterré dans sa cathédrale.


Lire aussi :
Jean Hockay, in Dictionnaire bibliographique namurois (1999), pages 21 et 99-100.

 

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Louis Wiaux est né à Mellet le 20 mars 1841 d’un papa forgeron. Il entre à 15 ans au noviciat des frères des écoles chrétiennes à Namur. Après un passage à Saint-Aubain, il va à Chimay (1857) puis à Saint-Georges à Bruxelles.

Il arrive à Malonne en 1859 en qualité de « second-maître » à l’école primaire. Il ne se révèle pas comme un excellent instituteur. Comme il faut bien l’occuper, il sera maître suppléant pour le dessin et la musique durant 57 ans ! À cet effet, il apprend plus ou moins bien l’harmonium, le piano, la flûte, le baryton, la contrebasse et s’initie au dessin. Son obéissance est sans limite. Il est donc corvéable à merci. Toutes les surveillances sont pour lui

Mais, s’il ne brille pas par ses qualités pédagogiques, il édifie tout le monde par son intériorité : modestie, affabilité, régularité, prière. Les élèves l’ appellent « le frère qui prie toujours », les ouvriers, « le frère prieur ». Certains pensent même l’avoir vu en extase à la chapelle.

À sa mort, le 30 janvier 1917, il sera inhumé dans la concession des frères au cimetière du Tombois. Sa tombe devient vite un lieu de pèlerinage.

Un procès en canonisation s’ouvre à Namur en 1923. Cette canonisation sera extraordinairement rapide. En 1926, la dépouille du frère Mutien est descendue au pied du clocher de l’église paroissiale.
1937-39, second procès informatif à Rome. Le 27 juillet 1938, on procède à la reconnaissance du « Serviteur de Dieu » (première étape vers la béatification). 1970 : reconnaissance de l’héroïcité de ses vertus.
1976 : examen de deux miracles. 1979 : seconde reconnaissance des reliques.

Le 30 octobre 1977, Mutien-Marie est béatifié par Paul VI. Trois ans plus tard, son corps est solennellement transféré dans la nouvelle chapelle. On avait invité, à la reconnaissance des restes, le frère Madire, l’un des derniers frères à avoir connu le frère Mutien. Le frère Madire était atteint d’une arthrose évolutive incurable et extrêmement douloureuse. Pour s’approcher du cercueil qu’on venait d’ouvrir, le frère Madire oublie ses béquilles. De ce moment, il n’eut plus à souffrir de son arthrose et n’utilise plus de béquilles jusqu’à la fin de ses jours, quoique, au dire des médecins, l’arthrose n’avait pas disparu. Ce fait, considéré comme miraculeux, amena la canonisation. Jean-Paul II procéda à la proclamation de celle-ci le 10 décembre 1989. Lire aussi

  • A.M. HERMANS, Frère Mutien-Marie, des écoles chrétiennes, Évocation et témoignages, Malonne 1982.
  • A YPERMAN, Le Frère Mutien-Marie de Malonne: Aux origines d’une dévotion populaire, 1917-1980, Mémoire de licence inédit (U.C.L.) 1983.
  • Frère MÉLAGE, Saint Mutien-Marie, Frère des écoles chrétiennes. Par la voie étroite. Ramegnies-Chin 1989.
  • Collectif, Les Amis du frère Mutien, revue trimestrielle bilingue, 28 pages, éd. du Centre Mutien-Marie, Malonne.

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1787 : une dizaine de chanoines vivent à l’abbaye sous la direction de l’abbé Pierre-Hubert Lefèbvre. Des événements dramatiques vont s’y dérouler et bientôt ébranler la quiétude du village.

Le 16 septembre, vers 22h00, on tire sur le proviseur, les chanoine Beaufays. Les malfaiteurs s’enfuient mais, la même nuit, la chambre du prieur, le chanoine Pauchet, est cambriolée. L’enquête ne donnera rien.

Le 12 décembre, vers 21h30, un coup de feu tiré depuis le « bois du Prieur » (Bois du Falgy) blesse mortellement le chanoine Beaufays, à nouveau visé, et plus légèrement son jeune serviteur, Gérard-Joseph Bach.

Les autorités locales d’abord, puis les instances liégeoises enquêtent.
Des noms sont chuchotés, ceux de Gaspard François, dit « Calbalasse », de Joseph Robin, son beau-père, et dans une moindre mesure celui du chanoine Sohier. Les deux premiers furent arrêtés, transférés et interrogés à Liège.
Soumis à la torture, Gaspard François avoue tout ce qu’on veut, se rétracte et, finalement, se reconnaît coupable.
Condamné à être « étranglé au poteau », il est ramené à Malonne le 25 juillet 1788 et exécuté au Tombois le 28. Son corps y restera exposé sur la roue durant trois jours.

Robin, lui, fut condamné à la détention perpétuelle. Le chanoine Sohier fut interné chez les Alexiens de Liège puis de Hasselt. La révolution française les libérera tous deux.

Calbalasse était-il coupable ? Il semble que non. Mais comme il proférait des idées anti-cléricales et révolutionnaires, les autorités liégeoises auraient voulu « faire un exemple ».
Quel a été réellement le rôle de Robin ?
L’assassin véritable, selon la tradition, aurait avoué son crime en confession avant de mourir. Était-ce le chanoine Sohier, dont on ne peut exclure qu’il ait été le commanditaire ?

Lire aussi:

  • Victor BARBIER, Histoire de l’abbaye de Malonne, Impr. Douxfils – Devaux, Namur 1984.
  • Jean HOCKAY, L’Affaire Calbalasse, un crime à Malonne, éditions du Confluent (Édicter) Namur 1985.
  • Lambert Lambillon, Autoû d’laistreye do timps di m’grand-mére.

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Sous l’ancien régime et avant 1830, un enseignement était déjà dispensé aux enfants de la communauté villageoise. On retient quelques noms d’instituteurs :

  • 1703 : Laurent Jacques et Jacq L’amourette.
  • 1795 : Barthélemy Leclercq
  • 1804 : Joseph Bacq et une certaine dame Bivort.
  • 1807 : Une classe pour les filles dans une maison privée ; une classe tenue par Pierre-Augustin Chapelle au Bâti Chapelle (Malpas) : c’est l’école d’en Haut, par opposition à l’école d’en bas, à la Navine.
  • 1810 : Gislain Robaux
  • 1830 : M. Dugaillez
  • 1831-36 : Monsieur Dosimont est remercié pour avoir jeté un crucifix par la fenêtre; celui-ci fonde sa propre école libre (n° 19, rue F. Colon) en 1891.
  • 1836 : Ouverture de la première école normale en Belgique, par les Frères des Écoles Chrétiennes, à Namur.
  • 1836-41 : École communale, Jean-Baptiste Saucin.
  • 1840 : Installation des Frères des Écoles Chrétiennes à Malonne.
  • 1841 : Achat de l’abbaye de Malonne par l’Évêché de Namur.
  • 1841-43: École communale, M. Demanet.
  • 1843: La commune « adopte » l’école des frères pour les garçons.Les filles resteront à l’école d’en bas.
  • 1851-1876: L’école communale servira d’école d’application aux écoles normales des frères.
  • 1846: Achat de l’abbaye de Malonne par les Frères des Écoles Chrétiennes.
  • 1853–1854 : Construction de la Chapelle Saint-Berthuin.
  • 1858: Saint-Berthuin : Construction de la première salle des fêtes(actuellement, Bloc Béton).
  • 1858-1860 :1ère école d’adultes.
  • 1859: Construction de l’école communale d’Insevaux.
  • 1862: Saint-Berthuin : Construction de la première école primaire(actuellement, salle des fêtes)
  • 1865: Extension des bâtiments à l’école communale.
  • 1867: Saint-Berthuin : Construction du dortoir Saint-Pierre.
  • 1876 : Saint-Berthuin : Construction de l’ancien « Bloc Briques ». Établissement de l’école d’application Saint-Berthuin l’Externat, future EPA). Elle se situera à la Navine jusqu’en septembre 1952
  • 1879: Fondation de l’école Saint-Joseph. (Soeurs de la Providence de Champion)
  • 1880: Saint-Berthuin : Construction de l’ancien « Bloc des 3° ».
  • 1888: Saint-Berthuin : Construction de la façade de la chapelle.
  • 1893: Saint-Berthuin : Construction du « Bloc École Normale et Poésie » actuellement « Bloc Math »).
  • 1895: Saint-Berthuin : Construction du Bloc « Rhéto-Brasserie »(actuellement « Pôle Sud »).
  • 1897: Construction de la ferme de Saint-Berthuin.
  • 1900: Saint-Berthuin : Construction du « Bloc Régence » (bâtiment ancien, parallèle à la colline dans la cour du Pôle Sud).
  • 1902: Arrivée des sœurs Saint-Paul de Chartres. Leur rôle initial : soigner les malades.
  • 1904: Saint-Berthuin : Construction du « Bloc Écoles Normales »actuelles.
  • 1911: Installation des sœurs Saint-Paul de Chartres au Tombois. Ouverture d’une école de coupe, dentelle, repassage.
  • 1914: Saint-Berthuin : Construction du Bloc « Secrétariat –Conciergerie » actuels.
  • 1930: Saint-Berthuin : Construction des chambres frigorifiques.
  • 1931: Saint-Berthuin : Construction de l’ancienne infirmerie.
  • 1938: Saint-Berthuin :
    • Construction de la salle de gymnastique.
    • Construction dela serre.
  • 1947: Saint-Berthuin : Construction du bassin de natation.
  • 1951: Saint-Berthuin : Construction du Bloc EPA
  • 1952: Modernisation de l’école communale
  • 1954: Saint-Berthuin : Construction du « Bloc Briques » (cour Saint-Berthuin).
  • 1956 : L’école de couture étant fermée, les sœurs Saint-Paul de Chartres accueillent (plus) de garçons en internat, scolarisés à l’EPA Saint-Berthuin
  • 1957: Saint-Berthuin : Construction du 3° étage régence et du dortoir au nord des Écoles Normales.
  • 1958: Saint-Berthuin : Construction du gymnase et des vestiaires de l’EPA.
  • 1961 : Saint-Berthuin : Construction du Bloc Béton et du Bloc « Cage de Verre » (cour Saint Berthuin).
  • 1965-1970:
    • Construction d'un institut médico-pédagogique Reumonjoie au Chepson : un internat,
    • une école primaire et une école professionnelle spécialisées pour handicapés mentaux légers.
  • 1969:
    • Saint-Berthuin : Construction du Bloc « École d’enseignement spécial ».
    • Reprise de l’école communale par l’État. Elle deviendra, lors de la régionalisation « École de la Communauté Française ».
  • 1991: Construction du Hall de Sport de Saint-Berthuin (Plateau).
  • 2001 : Fermeture de l’Internat à Saint-Berthuin.

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Transformations..

On ne sait presque rien de l’abbaye de Malonne au Moyen Age, sinon que son église abbatiale était romano-gothique. Au XVIème siècle, pour les occupants, ces vieux bâtiments étaient hélas démodés. On ne sait d’ailleurs pas dans quel état ils se trouvaient. (Par analogie, on peut dire que ceux de l’abbaye de Gembloux étaient au bord de la ruine). À partir du milieu du XVIème siècle, l’abbaye sera petit à petit démolie et rebâtie de fond en comble. Laurent Cornélis (1523-1529 ?) remplaça toutes les anciennes constructions sauf l’église. En subsistent seules deux fenêtres à meneaux, situées au-dessus et à droite du « tunnel » menant de la cour d’honneur aux écoles normales, côté «cuisines».

En 1600-1601, Dieudonné Sclussman renouvelle la Châsse de saint Berthuin, commande un buste et une croix processionnelle à Henri Libert. Le buste a disparu à la révolution française. Un siècle après, Pierre Hinslin (1624-1640) fit construire des bâtiments nouveaux et entourer les jardins de murs. Au-dessus du porche de l’autre «tunnel», côté cour Saint-Berthuin, il reste un chronogramme de lui (1636). En 1651-1653, Jean Stapleaux (1649-1673) démolit la nef de l’église pour la remplacer par le clocher et la nef actuels.

Jean-François Bidart (1709-1731) achèvera le travail en construisant le chœur actuel (1722).

La rénovation se poursuit: Henri-Hubert Farsy (1731-1752) érige l’aile qui fait face à l’entrée de la cour d’honneur (parallèle au flanc de la vallée).

C’est Michel-Guillaume Bonvoisin (1752-1780) qui, cédant à la mode de cette époque *, apportera le plus de renouvellement: cloître, aile gauche de la cour d’honneur (côté perron) et ses salons, aile droite de la même cour. La porte d’entrée de l’abbaye, se trouvait à l’emplacement de la chapelle actuelle. Elle sera démolie en 1853 pour faire place à celle-ci. Quant à la façade actuelle de cette chapelle, elle ne date que de la fin du XIXème siècle (1888).

*Au XVIIIème siècle, de nombreuses abbayes en Belgique renouvelèrent ou agrandirent leurs bâtiments. Citons par exemple Orval, Floreffe, Aulne, Villers-le-Ville… C’est un Malonnois, Jacques Legrain, abbé - comte de Gembloux qui reconstruisit entièrement son abbaye. Comme les abbés d’Orval ou de Floreffe, il fit appel à l’architecte Laurent-Benoît Dewez (1731-1812), ce qui n’est pas le cas pour Malonne, dont les différents architectes sont inconnus.

Lire aussi

Victor BARBIER, Histoire de l’abbaye de Malonne, Impr. Douxfils – Devaux, Namur 1984.

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